Des pèlerins arriveront aux JMJ par la force des Alizés !

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Des pèlerins arriveront aux JMJ par la force des Alizés !

Dix-sept jeunes français partent aujourd’hui du Cap-Vert pour entamer la grande traversée et se rendre aux JMJ de Panama !

Partis le 31 août dernier de la presqu'île de Crozon, en Bretagne, les trois voiliers traversent actuellement l'océan Atlantique pour rejoindre les Journées Mondiales de la Jeunesse. Ils ont prévu de mouiller en rade de Panama le 15 janvier !
"Toujours rien en vue, les caravelles voguent depuis trente quatre jours; trente quatre jours pendant lesquels on n'a vu que le ciel et l'eau!" Voici ce que Christophe Colomb écrivait dans son journal lors de son premier voyage. Environ 500 ans après, l'équipage des trois voiliers prennent la même route. Ils prendront moins de temps, de 12 à 21 jours, mais se lever autant de journées avec l’océan et le ciel pour seul décor sera une expérience bien intense.
Accueillis par des communautés de chrétiens lors de leurs différentes escales, l'expérience se montre riche et profonde. Une vie fraternelle et solidaire s’est créée à bord des bateaux. "La dynamique du groupe est positive, chacun est bienveillant" nous confie Anne Laurence Thoux, membre de l'équipage, "cela permet de créer une réelle unité, qui s'approfondit au fur et à mesure du pèlerinage”.
Ils veulent “témoigner de leur foi aux quatre coins du monde ! Partir à la rencontre des populations locales, des communautés religieuses et se mettre au service des mouvements et des associations qui exercent la charité en actes auprès des plus défavorisés et ... participer aux événements des JMJ". Certains, comme Charles-Antoine, âgé de 24 ans, ont aussi des motifs écologistes : ce passionné de la voile veut se rendre aux JMJ utilisant des transports propres.
La plupart des membres font une année de césure, ils profitent d’avoir obtenu leur diplôme pour partir avant de commencer à travailler. D’autres ont même quitté leur travail pour le pèlerinage. C’est le cas d’Henri et Aldric, pour qui traverser l’Atlantique était un rêve de toujours. Quant à certains, c’est l’envie de “s’arrêter et de prendre le temps de réfléchir à ce qu’ils veulent faire de leur vie” qui a guidé leur choix. Héloïse voulait partir avec un groupe ayant un projet audacieux, afin d’arriver aux JMJ soudés par une expérience hors du commun. “Cela permet de ne pas vivre les JMJ comme des vacances, mais comme l’aboutissement d’une aventure spirituelle”. Elle avait déjà connu cela aux JMJ de Madrid en crapahutant dans les Pyrénées, et avait regretté de ne pas pouvoir renouveler l’expérience aux JMJ de Rio.

L’équipe et les voiliers

Parmi les 17 jeunes, tous n'étaient pas des experts dans l'art de la navigation. Il a fallu se préparer pendant huit mois. Ils sont tous français, ont entre 20 et 29 ans, et sont étudiants dans différents domaines à l’université ou en doctorat. Ils étaient de parfaits inconnus avant de se rencontrer grâce à ce projet.
Parmi les trois voiliers qui font la traversée, l’un d’entre eux se distingue par sa grande voile sur laquelle se trouve une représentation de la Vierge Marie, s’élevant au dessus des eaux à chaque fois que les vents emportent le navire : Kêr Maï (Le foyer de Marie, en breton). Ce joli bateau de couleur jaune peut accueillir confortablement 6 ou 7 personnes à son bord, skipper inclu. Comme pour les autres voiliers, il possède de nombreux équipements : une éolienne Aerogen 6, un propulseur d’étrave, un régulateur d’allure Hydrovane…
Mais élément important aux yeux et au coeur des navigateurs : Kêr Maï a la grande et belle responsabilité d’accueillir tout au long du périple la Présence Réelle dans un tabernacle spécialement créé pour ce voyage.

Virgen de la Antigua

L’image et la dévotion de Sainte Marie La Antigua, Patronne de la République de Panama est originaire de la ville de Séville, au sud de l’Espagne. Les jeunes pèlerins, s’étant vu confier une statue de Notre Dame La Antigua par l’archevêque de Panama, ont remonté en voiliers le fleuve Guadalquivir sur 70 km, jusqu’à la ville portuaire de Séville. Ils se sont mis aux pieds de l’image originaire pour lui demander sa protection, et ont pu ainsi admirer le portrait de la Vierge Marie portant l’Enfant Jésus, sur lequel elle pose tendrement le regard. Cette image de la Vierge est appelée Sainte Marie La Antigua (L’Antique, en espagnol), car elle figure sur l’unique mur de l’ancienne cathédrale de Séville qui a été conservé pour la construction de la mosquée-cathédrale. Cette dernière escale européenne leur aura permis de toucher du doigt l’hospitalité espagnole: ils furent accueillis à bras ouverts dans une famille catholique, et ont pu participer à une veillée d’adoration auprès de jeunes qui partaient ensuite en pèlerinage nocturne. Ville pleine de lumière et de beauté architecturale. Aimable transition vers le continent africain...

Les merveilles de la nature

Prières, repas et moments de partage rythment leurs journées. Ce quotidien est régulièrement ponctué par le spectacle que la nature leur offre : les dauphins qui jouent devant leurs yeux, l’immensité de la voûte étoilée, le lever du soleil et ses déclinaisons de rose, de rouge et de bleu, la lune lumineuse…
La progression des bateaux dépend de la météorologie. Dans leur journal de bord, ils écrivent : “Un peu plus tard dans la nuit, le vent s’est brutalement arrêté. Un mur de rien, sans vent. Virant de bord, nous avons rentré le génois et mis la grand voile à plat, puis fini la nuit au moteur. Nous arrêterons un peu plus tard dans la journée, en rejoignant les alizés tant espérés ! Ce sont eux qui doivent nous mener, comme le tapis volant d’Aladdin, jusqu’au Panama”.

De plus en plus chaud, plus en plus de défis

Au fil de leur parcours, les jeunes matelots ont appris le vocabulaire spécifique à la navigation. Mais cet art n’est pas toujours évident... “La première nuit de navigation commence fort, nous prenons deux ris et ramassons le génois. Plusieurs équipiers sont malmenés par les effets de la houle, nous apprenons à barrer par vent arrière, ce qui fait de cette navigation un très bon entraînement pour l’allure que nous aurons pendant la transat”.
Un autre jour, l’équipage se réveille avec une surprise: tout l’air qui les entoure est saturé d’un sable rouge très fin. Le pont, qui venait d’être brossé la veille est complètement recouvert de cette terre battue. Il faut tout nettoyer de nouveau!
Les odeurs de terre chaude, de feu de bois et d’épices viennent se mêler à celles des poissons d’un port. C’est l’Afrique dans son essence.
La navigation n’est pas toujours facile. Suite à la tempête de sable, un certain nombre d’instruments n’étaient plus fonctionnels : la grand-voile était impossible à hisser en totalité, et certains winches avaient des roulements à bille bloqués. Il a fallu monter en haut du mât pour nettoyer la glissière. La séance d’acrobaties s’est poursuivie par un nettoyage collectif du ponton. Il fallait aussi nettoyer tous les bouts (cordes) du bateau et les bricoleurs se sont attaqués au démontage des winches afin de les débarrasser de tous les grains de sable bloquant les mécanismes.

Des aventures pour publier un livre: Escale à Dakar

L’escale a commencé par une incursion dans le monastère bénédictin de Keur Moussa, à 60km de Dakar. Première épreuve: trouver des taxis. Premier taxi parti à 14h30, ils sont finalement arrivés à leur destination juste à temps pour les Vêpres à 19h. Certains ont dû attendre plus d’une heure en plein soleil sur une aire d’autoroute. Entre les voix graves des moines et les accords de la kora, l’office des Vêpres annonce la couleur des vingt-quatre prochaines heures. La kora, cet instrument sénégalais à mi-distance entre la guitare et la harpe, est fabriquée par les moines et est exportée dans le monde entier. Entre les prières des heures, et les rencontres que nous avons pu faire : plusieurs moines et une française présente depuis plus de dix ans.
Accueillis dans des familles locales, le programme à Dakar est bien rempli: concerts, football, baignade, coiffeur, shopping chez le tailleur, farniente du week-end, messe samedi ou dimanche… Le tout agrémenté de discussions, rencontres des familles, des amies, et danses locales. Et bien sûr, partage du repas traditionnel, dans un grand plat : chacun sa cuillère à soupe.

Parlons de finances...

Le projet est exigeant. Les équipiers, avec leur contribution de 2.250€ ont couvert la moitié des frais. Ils espèrent que des dons pourront aider avec le reste. Près de 55.000€ sont encore nécessaires pour couvrir les coûts techniques et administratifs. https://jmjalavoile.com/aidez-nous/
« Tout ce que les hommes ont fait de beau et bien, ils l’ont construit avec leur foi et leurs rêves» Bernard Moitessier, navigateur ayant fait un tour du monde à la voile.